Le dimanche mauricien commence le samedi soir : on marine le poulet, on prépare les achards, on charge la voiture de gazebos, glacières et enceintes. Dès 7h le dimanche, les familles « réservent » leur coin de plage à l'ombre des filaos — Mont Choisy, Flic en Flac, Blue Bay et La Preneuse sont les hauts lieux du rituel. À 11h, les barbecues fument, le briani mijote dans des marmites géantes et les enfants sont déjà dans l'eau depuis trois heures.
Pour le visiteur, deux stratégies s'offrent à toi. La première : fuir la foule et profiter des plages de semaine désertées... mauvaise idée, tu raterais l'essentiel. La seconde, la bonne : plonger dedans. Achète de quoi griller au supermarché la veille, ou repère les vendeurs de plage — ananas, kebabs, glaces roulantes — et installe-toi à distance polie d'une famille. Il y a de fortes chances qu'on te tende une assiette de briani avant 13h : accepte, c'est comme ça que l'île fonctionne.
Le dimanche a aussi ses codes hors plage : les marchés du matin (Flacq et Quatre Bornes battent leur plein jusqu'à midi), le déjeuner chinois en famille à Port-Louis, et les magasins fermés dès 12h – 13h presque partout — fais tes courses avant. Les restaurants touristiques restent ouverts mais affichent complet à midi : réserve, ou fais comme les locaux, mange sur la plage. Les bus circulent, mais moins souvent ; le dernier rentre tôt.
En fin d'après-midi, le rituel atteint son sommet : quelqu'un sort une ravanne, les tantes entament un séga, et la plage entière bat la mesure jusqu'au coucher du soleil. Puis, en une demi-heure, tout se replie — gazebos, marmites, enfants ensablés — et l'île retourne au calme pour la semaine. Astuce locale : le lundi matin, les plages sont impeccables et désertes. Le secret des photos « lagon vide » des magazines ? Elles sont prises un lundi.