« Bonzour » (bonjour), « mersi » (merci), « korek » (ça va / d'accord) : trois mots et te voilà adopté. Le kreol morisien est la langue du cœur ici — le français et l'anglais sont compris partout, mais un mot de kreol change tout.
« Ki manier ? » (comment ça va ?) — réponds « korek, mersi ! ». « Bien bon » (délicieux) fera fondre n'importe quelle cuisinière de table d'hôte. « Ti » (petit) et « gro » (gros) s'accrochent à tout : un ti café, un ti bain, un ti sega.
Et le plus important : « lakaz » (la maison). Quand un Mauricien te dit « vinn lakaz » (viens à la maison), c'est une vraie invitation — et probablement le meilleur cari de ton séjour.
Au bazar, dégaine « Komie sa ? » (c'est combien ?) et, si le prix pique, un « tro ser ! » (trop cher) accompagné d'un grand sourire lancera la négociation dans les règles de l'art. « Mo pe gete » (je regarde seulement) te sortira poliment des griffes d'un vendeur trop insistant, et « donn mwa enn ti pri » (fais-moi un petit prix) reste la formule magique des habitués.
Bonne nouvelle pour la prononciation : le kreol s'écrit comme il se prononce, pas de lettres muettes ni de pièges. Petit raffinement : « ou » est la forme polie de « tu », « to » la forme familière — commence par « ou » avec les aînés, ils te proposeront vite le « to ». Lance-toi sans complexe : ici, personne ne se moque de celui qui essaie, on l'adopte.