Maurice a longtemps transformé toute sa canne en sucre — le rhum local, lui, restait un « rhum traditionnel » de mélasse bu au village. Tout a changé dans les années 2000 avec l'autorisation du rhum agricole, distillé à partir de pur jus de canne : vingt ans plus tard, les rhums mauriciens trustent les concours internationaux. Deux familles à connaître : l'agricole, végétal et puissant, et le traditionnel de mélasse, plus rond, souvent vieilli en fûts de chêne ou arrangé aux fruits.
La Rhumerie de Chamarel est la visite reine : une distillerie-bijou posée dans un cirque de montagnes, au milieu de ses propres champs de canne. Visite guidée toutes les 30 minutes environ (9h30 – 16h30, tous les jours sauf dimanche, environ Rs 450 avec dégustation de six rhums). Reste déjeuner à L'Alchimiste, le restaurant du domaine — et goûte le VSOP vieilli, la fierté maison. Combine avec la terre des Sept Couleurs à cinq minutes de route.
Dans le nord, le Château de Labourdonnais (Mapou) associe demeure créole de 1859, vergers et distillerie moderne : la formule visite + dégustation tourne autour de Rs 500, et sa Rhumerie des Mascareignes signe de très jolis rhums arrangés à l'ananas Victoria. Dans le sud, le domaine de Saint-Aubin (1819) distille dans une ambiance plantation, à combiner avec la route du thé voisine. Enfin, les marques New Grove et Gray's — élaborées à la distillerie de Grays près de Beau Plan — se dégustent à L'Aventure du Sucre, où le musée raconte justement l'épopée sucre-rhum de l'île.
Côté achats : compte Rs 700 – 1 500 la bouteille de rhum vieilli en boutique de distillerie, souvent moins au supermarché pour les mêmes références (rayon impressionnant chez Winner's et Intermart). Les rhums arrangés maison des tables d'hôtes ne se vendent pas — ils s'offrent. La douane européenne te laisse rapporter 1 litre d'alcool fort par adulte en franchise ; au-delà, déclare. Astuce locale : le « rhum-coco-citron » se prépare minute au comptoir des bars de plage — demande un ti punch mauricien et trinque en disant « santé, korek ! ».