La route du thé enchaîne trois domaines entre Curepipe et le sud, et se déguste dans l'ordre : commence par le domaine des Aubineaux, maison coloniale de 1872 aux parquets cirés et au salon de thé délicieusement suranné, à la sortie de Curepipe (visite environ Rs 300, ouvert du lundi au samedi 9h – 17h). C'est l'apéritif culturel : photos d'époque, essences de vétiver et premier thé vanille servi sous la varangue.

Le cœur du voyage, c'est Bois Chéri : 250 hectares de théiers ondulant dans la brume à 550 mètres d'altitude, et la plus ancienne usine de thé de l'île (1892). Viens un matin de semaine avant 11h pour voir les machines en action — flétrissage, roulage, fermentation, séchage, l'odeur est inoubliable. La visite usine + musée coûte environ Rs 400 ; la formule avec dégustation au chalet panoramique, perché au-dessus d'un étang à cerfs avec vue jusqu'à la mer, vaut ses Rs 550. Onze variétés à tester, du thé vert au thé coco, en libre re-service.

Descends ensuite vers le domaine de Saint-Aubin pour boucler la boucle : maison de maître de 1819, jardin d'épices, vanilleraie et table d'hôte réputée où le déjeuner créole (environ Rs 900, réservation conseillée) s'accompagne du rhum du domaine. Le trio complet se fait en une demi-journée en voiture depuis n'importe quelle côte — ou via les excursions organisées « Route du Thé » proposées autour de Rs 2 500 par personne, déjeuner compris.

À rapporter : le thé vanille de Bois Chéri, évidemment — l'icône nationale que tout Mauricien garde dans son placard. En boutique d'usine, la boîte métal collector coûte Rs 150 – 250 et les sachets en vrac beaucoup moins ; on trouve les mêmes en supermarché, mais sans la vue. Astuce locale : les Mauriciens boivent leur thé vanille très sucré, avec un nuage de lait, en trempant un gato coco — reproduis le rituel à 16h et tu comprendras pourquoi l'île entière s'arrête à l'heure du thé.