Les boulettes d'abord, héritage chinois devenu religion nationale : niouk yen (boulettes de chayotte et poisson), sao mai (porc ou poulet), van yen et teokon, servies dans un bouillon brûlant relevé de sauce piment et d'oignons frits. Compte Rs 10 – 15 la boulette, Rs 60 – 100 le bol complet. Le temple du genre reste Chinatown à Port-Louis — rue Joseph Rivière et ses gargotes historiques — mais chaque ville a sa « boutique boulettes » où l'on commande en criant par-dessus le comptoir. Un déjeuner complet pour Rs 100, chrono en main : sept minutes.

Le halim ensuite, soupe indo-musulmane épaisse aux lentilles, blé concassé et viande mijotée des heures, parfumée de gingembre et de menthe. C'est le réconfort des soirs frais et des lendemains difficiles : Rs 40 – 60 le bol, avec un morceau de baguette. Les meilleurs se servent autour des gares routières de Port-Louis, Rose-Hill et Vacoas, de 15h jusque tard le soir. Repère les marmites en inox qui fument sur les carrioles — plus la file de scooters est longue, meilleur est le halim.

Le farata enfin, cousin feuilleté du roti indien : une galette étirée et pliée en couches beurrées, cuite sur plaque, qui se déchire à la main pour saucer un cari. En version street, on te le roule garni de cari poulet, de rougaille ou de satini pomme d'amour pour Rs 30 – 50. Les stands s'allument à la sortie des bureaux (16h – 19h) — cherche les plaques fumantes à Rose-Hill, Curepipe et Goodlands. La variante « farata-beurre-sucre » des grands-mères reste le goûter préféré des écoliers mauriciens.

Pour une tournée complète, vise les triangles d'or de la street food : la gare du Nord à Port-Louis à midi, l'« arab town » de Rose-Hill en fin d'après-midi, le front de mer de Mahébourg le dimanche. Partout, le rituel est le même : on commande, on paie en petites coupures, on mange debout ou assis sur un muret face à la mer. Astuce locale : dis « met piman » si tu veux la vraie dose de piment — et « tigit piman » si tu tiens à sentir ta langue jusqu'au dessert.